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Actualité
11
02
fév.
2022

3e Rapport de Développement Durable Européen 2021

Le dernier rapport de développement durable européen 2021 est sorti récemment, nous vous résumons donc ci-dessous les constats dressés et les recommandations formulées avec un focus tout particulier sur le rôle que les entreprises ont à jouer.

Malgré des tensions géopolitiques et des ambitions qu’on imagine revues à la baisse, les ODD restent le seul cadre intégré pour un développement économique, social et environnemental adopté par l’ensemble des membres des Nations Unis. Il parle autant aux états, aux citoyens, qu’aux entreprises. Il nous reste collectivement 8ans pour atteindre ses objectifs ambitieux à l’échelle de la planète. Où en est l’Europe ?

 

Evolution de l'index ODD en Europe entre 2005 et 2020

Résumé et recommandations

Un prérequis pour accélérer la contribution aux ODD est de mettre fin à la pandémie du COVID à l’échelle mondiale

Pour la première fois depuis l’adoption des ODD en 2015, le score moyen de l’index ODD n’a pas augmenté en 2020 – il a même légèrement baissé – principalement à cause des effets négatifs de la pandémie sur l’espérance de vie (inégalité d’accès au vaccin), augmentation de la pauvreté et le chômage (consulter la méthodologie de calcul pages 72-74). La progression vers les ODD est trop lente pour pouvoir les atteindre en 2030, le même constat tombe pour ce qui est de l’accord de Paris en 2050.

Tableau de bord de suivi des ODD en Europe

L’Europe fait face à ses plus grands défis en matière d’ODD sur les questions d’alimentation durable (ODD 2-12), d’action climatique (ODD 13) et de biodiversité (ODD14 et 15)

  • On constate une mauvaise performance générale à l’échelle de l’Europe sur les questions environnementales
  • Les pays du nord sont ceux qui s’en sorte le mieux à l’échelle européenne et mondiale (Finlande, Suède et Danemark) pourtant, eux aussi rencontrent des difficultés sur ces thématiques.

Ne laisser personne de côtés et maitriser ses retombées sur les autres régions du monde

L’enjeu pour l’union européenne sera de lisser les disparités entre les pays et au sein des pays, pour faire converger les niveaux de vie et ainsi accélérer les progrès en la matière. La réussite de sa stratégie de développement soutenable dépendra donc de sa capacité à ne laisser personne de côté, le « leave no one behind ».

L’Europe a beau être leader sur les ODD à l’échelle mondiale, de nombreuses retombées, principalement négatives, ne sont pas prises en compte. Elles viennent nuancer ces résultats car elles « freinent » les autres pays dans l’atteinte des ODD :

  • Les retombées environnementales et sociales incorporées dans le commerce: on parle ici de pollution, d’utilisation des ressources naturelles et d’impacts sociaux générés par la consommation de biens et de services (les retombées négatives les plus importantes sont liées au commerce des produits agricoles et forestiers, tels que la viande, les aliments pour animaux, les huiles comestibles, les biocarburants et le bois). Cf Responsabilité importé / achat responsable
  • Les flux transfrontaliers directs dans l’air et dans l’eau : les flux physiques génèrent une pollution qu’il est difficile d’attribuer à un pays.
  • Les retombées liées aux flux économiques et financiers : concurrence fiscale déloyale, corruption, secret bancaire, transfert de bénéfices, paradis fiscaux et actifs volés compromettent la capacité des autres pays à mobiliser des ressources pour atteindre les ODD, mais qui peuvent aussi être des retombées positives telles que le développement de la finance.
  • Les retombées en matière de maintien de la paix et de sécurité : comprennent les externalités négatives telles que la criminalité internationale organisée ou les exportations d’armes conventionnelles majeures ou d’armes légères, qui peuvent avoir un impact déstabilisant sur les pays pauvres. Parmi les retombées positives de cette catégorie figurent les investissements dans la prévention des conflits et le maintien de la paix.

Focus sur le rôle et la responsabilité des entreprises

(voir le chapitre II, partie 3.3)

L’opportunité de ce cadre pour les entreprises

Les entreprises ont un rôle crucial à jouer dans la promotion de la durabilité et la transformation des sociétés.

Pour les entreprises, aligner leur stratégie avec celles des ODD, ne doit pas être vu comme une contrainte. Au contraire cela représente non seulement une opportunité de répondre aux exigences de RSE et aux attentes de leurs parties prenantes mais c’est aussi l’occasion d’augmenter sa capacité de résilience face aux risques moyen et long terme.

C’est particulièrement vrai pour le secteur agro-alimentaire car l’alimentation représente un vecteur de durabilité transversal pour atteindre les objectifs de développement durable. Si l’on prend l’exemple de ce secteur cela permettrai d’être en mesure d’anticiper et de maitriser les risques liés au changement climatique (Crippa et al., 2021), aux pandémies et à l’exode de la main d’œuvre (Ivanhoe, Prapha and Wilshaw, 2020).

Toutefois, le rapport rappelle qu’il ne suffit pas de suivre la législation (non contraignante) pour aligner ses pratiques sur les ODD, ni pour éviter les risques de réputation, juridiques et autres risques commerciaux associés. À cet égard, l’absence de consensus sur les principes clés définissant une entreprise « alignée sur les ODD » ou « durable » crée la confusion et permet le greenwashing (Berg, Kölbel et Rigobon, 2020).

Il est néanmoins à déplorer que l’alignement entre la stratégie des entreprises et les ODD est encore faible (Van Tulder et al., 2021). Les ODD sont généralement mal intégrés dans les pratiques des entreprises, et les contributions des entreprises à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 sont encore insuffisantes, comme le soulignent des études récentes (PwC, 2015 ; Sachs et al., 2021a ; UN Global Compact, 2020 ; WBCSD et DNV GL, 2018).

Quatre piliers pour l’alignement des entreprises sur les ODD

Pour venir à bout de ce constat, l’initiative « Fixing the Business of Food  » a mis au point un « cadre à quatre piliers », qui propose une approche solide et holistique permettant de comprendre l’alignement des entreprises sur les ODD.

Nous avons choisi de généraliser ces quatre recommandations destinées à l’origine au secteur alimentaire :

  1. S’assurer de la contribution réelle des produits/services et de la stratégie d’entreprise aux ODD en créant des indicateurs de performance objectifs sans angles morts car trop d’entreprise choisissent les indicateurs qui servent leur récit et ferment les yeux sur ceux qui le contredisent
  2. Réaliser une analyse de matérialité des enjeux de l’entreprise. Les entreprises ont souvent la volonté de se concentrer sur leur organisation interne mais l’entreprise fait partie d’un écosystème qu’elle impacte et qui l’influence. Considérer l’activité de l’entreprise comme hors sol, déconnecter de toute influence externe ne permet pas une bonne maitrise des risques par anticipation ou ajustement.
  3. Gérer de manière durable l’intégralité de sa chaine de valeur en prenant en compte tant l’amont que l’aval de ses activités.
  4. Prendre en compte l’impact social de l’entreprise en interne (QVT) et sur son territoire.

On comprend alors que l’alignement des pratiques sur les ODD nécessite des efforts proactifs allant au-delà des opérations de l’entreprise, notamment en agissant au sein de sa chaîne de valeur et des écosystèmes plus larges. En prenant des mesures dans leurs chaînes de valeur, les entreprises peuvent ainsi multiplier leurs contributions aux ODD.

Appel au devoir de vigilance et au partage des bonnes pratiques

Les entreprises ont donc plus que jamais un devoir de vigilance c’est-à-dire le devoir de gérer de manière proactive et continue les risques de leur activité de manière élargie (amont et aval inclus).

Enfin nous retiendrons une phrase de ce rapport :  » La diffusion des bonnes pratiques [dans le secteur agroalimentaire] est un moyen utile pour les PME de connaître les solutions innovantes en matière de durabilité et de s’impliquer activement dans leur transition vers des modèles durables.  »

Retrouvez toutes les bonnes pratiques recensées par l’équipe de la plateforme RSE Nantes ici.

Lien pour lire le rapport en intégralité : Rapport de Développement Durable Européen 2021.

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