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Préserver la biodiversité : comment faire ?

En première approche, au delà de l’application réglementaire, 3 pistes d’actions se dégagent pour favoriser le développement de la biodiversité, en complément les unes des autres :

Prendre en compte la biodiversité dans les activités de l’entreprise

Trois pistes principales :

  • ne pas porter atteinte à la biodiversité : maîtriser les risques de pollution
  • faire un bilan biodiversité pour déterminer l’interdépendance de l’activité et agir en cohérence
  • appréhender la biodiversité comme source d’innovation

Maîtriser les risques :

Les pollutions qu’elles soient dans l’air (émissions), dans l’eau (effluents) ou le sol (produits toxiques) et risques associés doivent être identifiés (Cf. COPR Cellule opérationnelle de prévention des risques) et réduits à minima, et en dessous de la biocapacité de la terre à dépolluer (services de régulation), à travers :

  • la suppression/substitution lorsqu’elle est possible de tout intrant à l’origine du risque ;
  • un management approprié (traçabilité, protection, formation, dosage, déchet) des produits à risque ;
  • la mesure, le progrès continu pour réduire l’impact et quoiqu’il en soit : le respect des limites réglementaires. En cela, la mise en œuvre d’un management environnemental (type ISO14001 par étape) constitue une bonne pratique.

La gestion des déchets devrait entrer dans une logique d’économie circulaire (prévention, réduction, tri, valorisation) individuelle ou collective : approches d’écologie industrielle (zone d’activité) ou de filières (mise en commun de déchets pour être valorisés).

Les déchets organiques peuvent être regroupés en compost pour être valorisés localement : épandage ou méthanisation.

Bilan Biodiversité

L’identification des liens entre l’entreprise et la biodiversité s’envisage de manière systémique : elle concerne d’une part les services rendus par la nature et entrant dans le modèle économique, et d’autre part les atteintes potentielles ou réelles à la biodiversité qui découlent de l’activité de l’entreprise. Par cette approche, on s’assure une meilleure prise en compte des interdépendances entreprises/biodiversité.

Cf. classification CICES ou guide « le bilan biodiversité » de nature parif aux éditions Victoires Editions

Les sources de dépendance et d’atteinte peuvent être directes ou indirectes (à l’origine d’autres acteurs dont notre modèle économique a besoin). Par exemple, l’agroalimentaire repose sur l’agriculture. La vulnérabilité de l’agriculture aux atteintes à la biodiversité est une source de dépendance indirecte pour le secteur agroalimentaire. On peut également s’appuyer sur les analyses sectorielles pré-existantes de risques/opportunités liés aux écosystèmes.

Compte tenu du coût que représenterait le remplacement des services écologiques par des procédés techniques (exemple : pollinisation), il s’agit d’œuvrer pour que les services écologiques identifiés soient préservés en amont (prévention, réduction d’impact), et reconstitués en aval le cas échéant (réparation, compensation).

Innovation produit

En cohérence avec la maîtrise des pollutions, les produits et emballages doivent être conçus de manière recyclables ou biodégradables.

Et, dans le cadre d’ingénierie de produits ou procédés, la biodiversité est source d’innovation tant comme source d’inspiration (bio-mimétisme) ou pourvoyeuse de services écosystémiques (ingénierie écologique, biotechnologie). Ces innovations supposent un approfondissement des connaissances en biodiversité.

Aménager les sites / bâtiments de l’entreprise pour en développer l’apport écologique

Il s’agit de restaurer, accroître la fonction écologique (productive, régulatrice ou récréative) des sites et bâtiments d’entreprises tant pour l’amélioration du cadre de vie des salariés et riverains que pour l’apport réel à la biodiversité.

L’action peut porter sur :

  • L’amélioration des bâtiments et leurs abords afin de réduire leur impact sur la biodiversité voire même favoriser leur capacité d’accueil de la faune et de la flore.
    • Construction de bâtiments intégrant dès leur conception des sites de refuges et de nidification pour la faune (chauves-souris, oiseaux…)
    • Végétalisation des murs et/ou toits avec des plantes locales
    • Modification des clôtures permettant le passage de la petite faune
    • Réduction des surfaces de sol imperméabilisées
    • Régulation de l’éclairage nocturne
    • Classification du site en espace protégé
  • Une gestion adaptée des espaces verts :
    • Conception initiale des espaces verts préservant la biodiversité en place
    • Gestion différenciée des espaces verts avec des moyens adaptés (fauche, pâturage)
    • Lutte contre les espèces invasives (arrachage, pièges,…)
    • Restauration/création de milieux accueillants pour la biodiversité : plantation de haies bocagères avec des essences locales, restauration de prairies naturelles permanentes, création de mares, mise en place de murets de pierres sèches, tas de bois, réaménagement des bassins d’orage en zone humide accueillante. Le chantier Renaturation du réseau Dirigeants Responsables de l’Ouest (DRO) est un moyen de s’engager dans cette voie.

La réflexion doit être contextualisée (en fonction de la proximité d’une zone naturelle protégée, ou de la localisation de l’entreprise sur une trame de continuité écologique) et menée en tenant compte de la biodiversité existante (abeilles solitaires vs abeilles domestiques), et des préconisations territoriales (services espaces verts ou associations environnementales), en évaluant l’apport global de l’action envisagée afin d’éviter tout greenwashing. Un aménagement de site réussi constitue un excellent socle à une démarche RSE impliquant les salariés.

Facteurs de succès / écueils à éviter

  • Les actions en faveur de la biodiversité doivent être pertinentes (réellement contribuer à la restauration d’une fonction écologique sans en dégrader d’autres) surtout si elles se veulent pédagogiques. Eviter l’amateurisme, prendre conseil.
  • Savoir s’appuyer sur des salariés particulièrement sensibles au sujet voire porteurs de compétences, tout en leur donnant les moyens de l’action.
  • Savoir dialoguer avec les différentes parties prenantes concernées par le sujet de la biodiversité : collectivités, écoles, associations locales de protection de la nature, université (observation & étude) citoyens …
  • Dialoguer avec le territoire et identifier les synergies : aménagement, éducation,…
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